Qualité de l’air intérieur : quels dangers et quelles solutions ?

Nous passons 85% de notre temps à l’intérieur de bâtiments, où l’air est 3 à 10 fois plus pollué qu’à l’extérieur ! D’où viennent ces polluants ? Comment améliorer la qualité de l’air intérieur chez soi ?

fumée pollution air intérieur

Découvrons quels sont les dangers et les risques de cette pollution de l’air intérieur avant de voir quelles sont les pistes de solutions lors de la construction ou de l’entretien d’une maison écologique.

Pourquoi s’intéresser à la qualité de l’air intérieur ?

Nous passons en moyenne beaucoup plus de temps à l’intérieur qu’à l’extérieur : 85% du temps pour un quart des Français. Et plus précisément, nous passons beaucoup de temps dans notre logement : 16h par jour en moyenne (pensez aux nuits et aux week-ends).

Quand on sait qu’il y a en France 3,5 millions de personnes asthmatiques et que 30% de la population est concernée par les allergies, il y a de quoi s’intéresser à la qualité de cet air intérieur que nous respirons si régulièrement.

Quelles pollutions de l’air intérieur ?

De nombreux polluant sont présents dans l’air. L’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI) a mené des études sur les concentrations de ces polluants. Un exemple de résultat est donné dans le graphique ci-dessous. Les principaux polluants sont 3 à 10 fois plus concentrés dans l’air intérieur que dans l’air extérieur.

graphe qualité air intérieur
Concentrations de polluants dans les airs intérieur et extérieur (source : Medieco, OQAI)

Des centaines de composés différents peuvent avoir des conséquences sur la santé. Une quinzaine ont été identifiés comme « hautement prioritaires » par l’OQAI. Parmi ceux-ci : le formaldéhyde, le benzène, le monoxyde de carbone et les particules fines (PM10 et PM2,5). Pour les détecter, on cherche généralement à mesurer la concentration en dioxyde de carbone, en formaldéhyde et en composés organiques volatils (COV). Le graphe ci-dessous est un suivi de la concentration de CO2 dans une habitation, réalisé par Carapace Habitat. On voit que l’on dépasse régulièrement le seuil réglementaire de 1.300ppm, ici à cause d’un mauvais renouvellement de l’air. La photo suivante, réalisée par Carapace Habitat lors du diagnostic d’une maison en vue d’une rénovation, indique un taux élevé en formaldéhyde (HCHO), indicateur d’une pollution chimique de l’air intérieur.

Analyse CO2 air intérieur Carapace Habitat
Analyse de la concentration de CO2 dans une pièce d’habitation (source : Carapace Habitat)
Analyse qualité air intérieur - Carapace Habitat
Analyse de qualité de l’air dans une maison (source : Carapace Habitat)

Quelles conséquences pour la santé ?

On distingue les effets des polluants sur la santé humaine selon que leur nocivité est à court ou long terme. Ainsi, le monoxyde de carbone, issu d’une combustion incomplète, peut tuer à très court terme. Une centaine de décès et 1.300 intoxications sont ainsi recensés en France annuellement.

D’autres polluants, tels que l’amiante, la fumée de tabac, les particules fines ou le radon (gaz radioactif naturellement présent dans les sols), ont des effets à beaucoup plus long terme, notamment en termes de cancer du poumon. On estime que 1.200 à 2.900 personnes meurent chaque année en France d’un cancer du poumon dû à une exposition au radon.

Les composés organiques volatils (COV) et les aldéhydes sont, le plus souvent, à l’origine d’irritations des yeux et des voies respiratoires. Certains d’entre eux, comme le benzène et le formaldéhyde, sont en outre classés « cancérogènes certains » chez l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Fumée encens air intérieur
Les fumées d’encens présentent de fortes concentrations dans certains polluants de l’air, tel que le D-Limonène

Le coût des effets d’une mauvaise qualité de l’air intérieur en France est estimé entre 12 et 38 milliards d’euros par an !

Quelles sont les sources de polluants ?

Dans l’ordre d’importance décroissant, les sources de pollution de l’air intérieur sont :

  1. L’air extérieur : pollution locale, poussières, etc. qui se concentrent à l’intérieur.
  2. Les émanations naturelles du sol : radon, sols contaminés.
  3. Les matériaux de construction et de décoration : peintures, colles, isolants, etc.
  4. Les équipements intérieurs : meubles (bois collés), ventilation et chaudières mal réglées, humidité produite par le séchage du linge, etc.
  5. Les activités humaines : produits de toilette, de cosmétique et d’entretien.

Contrairement aux idées reçues, les produits d’entretien ne sont donc pas les premiers polluants de l’air intérieur. On voit ici que beaucoup peut être fait pour limiter la pollution intérieure au moment de la construction d’une maison. Le choix de l’emplacement du projet est important : en zone radon 3, loin des axes routiers, etc. Le choix des matériaux de construction est aussi un critère de premier plan.

Que faire pour favoriser une bonne qualité de l’air intérieur ?

Les principaux axes d’action pour une bonne qualité de l’air sont de réduire les transferts des polluants extérieurs, d’assurer un bon renouvellement d’air, de maîtriser l’hygrométrie et de limiter les sources intérieures de pollution.

Pour limiter l’entrée de radon ou de polluants extérieurs, on travaillera essentiellement sur la bonne étanchéité à l’air de la maison et sur une ventilation efficace avec filtration de l’air entrant (VMC double flux, par exemple).

Une ventilation efficace et correctement réglée permettra par ailleurs d’assurer un renouvellement continu de l’air de la maison (de l’ordre de 150 à 200m3/h pour une maison (à calculer)). Elle permettra également de maintenir l’hygrométrie entre 35% et 55% pour éviter tout risque de moisissures qui sont responsables d’allergies. Les photos ci-dessous montrent le développement de moisissures dans une salle de bain en présence d’une ventilation insuffisante (source : Carapace Habitat).

Afin de réduire les sources de pollution intérieures, on veillera à choisir des produits à faible impact : peintures, colles, meubles, etc. Pour cela, on peut notamment vérifier l’étiquetage obligatoire des polluants volatils en visant les produits A+ (cf. logo ci-dessous). D’autres labels existent également : Emicode EC1 Plus pour les produits de pose (colles, etc.), natureplus pour les peintures, etc.

étiquetage polluants volatils

Les appareils de chauffage doivent faire l’objet d’une attention particulière : contrôle annuel par un professionnel, ramonage, changement des joints d’étanchéité tous les trois ans, etc.

Enfin pour les produits d’entretien, on préférera les produits non parfumés et nettoyants multi-usage, qui émettent beaucoup moins de polluants.

En conclusion…

En conclusion : pas de panique ! Si la pollution de l’air intérieur est une réalité, ce n’est pas une fatalité. Des solutions existent aussi bien lors de la construction (ou de la rénovation) que lorsque l’on vit dans une maison.

Carapace Habitat prend en compte cette question sanitaire dans chacun de ses projets : analyse de l’air, proposition de solutions hygiéniques et écologiques, conseils au fonctionnement, etc. Il n’y a pas que la thermique dans la vie 😉 N’hésitez pas à nous contacter pour en parler sur votre projet.

Ressources bibliographiques : OQAI, Medieco, Passive House Institute.

Construire une maison écologique

Non, une maison écologique n’est pas forcément une cabane en bois sommaire au fond d’une forêt. Ce n’est pas non plus une lubie de militants écologistes autoconstructeurs en rupture avec la société.

Des bâtiments écologiques poussent désormais partout en France et sont essentiellement le fait d’entreprises et d’artisans convaincus de la nécessité de construire de manière plus responsable et durable.

Pourquoi construire écologique ?

Le secteur de la construction est l’un des secteurs d’activité ayant le plus d’impact sur l’environnement. Ainsi, l’habitat est responsable en France de 19% des émissions de gaz à effet de serre et consomme 45% de l’énergie primaire. Afin de lutter contre le changement climatique, la rénovation performante et la construction de maisons écologiques, voire passives, sont des activités d’avenir.

Part de l’habitat dans les émissions de gaz à effet de serre en France en 2016

 

Part de l’habitat dans la consommation d’énergie primaire en France en 2015

Qu’est-ce qu’une maison écologique ?

Il n’existe pas de définition stricte ou de label. Une maison écologique est une maison plus respectueuse de l’environnement. Pour cela, les deux axes principaux d’action sont le fonctionnement (ou exploitation ou usage) de la maison et sa construction.

Consommation énergétique d’une maison en usage

C’est la partie la plus importante de la consommation d’énergie (et d’émission de gaz à effet de serre) d’une maison sur l’ensemble de sa durée de vie. En effet, si l’on cumule la consommation énergétique d’une maison conventionnelle sur (par exemple) 50 ans de durée de vie, on arrive à une quantité d’énergie au moins 5 fois supérieure à l’énergie nécessaire à la construction de cette maison.

C’est donc l’axe majeur d’intervention pour rendre une maison écologique. Pour cela, il est intéressant de regarder quels sont les principaux postes de consommation d’énergie d’une maison. Si l’éclairage est souvent la première idée qui vient en tête (« remplaçons les ampoules traditionnelles par des ampoules à économie d’énergie »), c’est en fait le chauffage qui est, et de loin, le poste le plus énergivore : 61%.

Répartition de la consommation énergétique d’une maison en France en 2012

Cela explique que dans une maison écologique, on mettra l’accent sur la réduction des besoins de chauffage, notamment via une excellente isolation (pour réduire les pertes de chaleur par les murs, le sol et le toit), une très bonne étanchéité à l’air (pour éviter les fuites d’air chaud), l’installation de menuiseries performantes (pour éviter les déperditions par les fenêtres et les portes) et la récupération de chaleur sur le système de ventilation (VMC double flux).

Ainsi, les maisons passives, par exemple, consomment 70% moins d’énergie pour le chauffage qu’une construction neuve actuelle, et 90% de moins qu’une maison existante.

Énergie nécessaire à la construction d’une maison

L’énergie nécessaire à la construction d’une maison ne se limite pas à l’énergie nécessaire au chantier. Elle inclut également « l’énergie grise » qui est toute l’énergie mise en œuvre pendant la vie d’un bâtiment, selon l’analyse du cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication des matériaux de construction, conditionnement, usage, recyclage, etc. Il en est de même pour les émissions de gaz à effet de serre.

Afin de « construire écologique », on va donc notamment :

  • Utiliser au maximum des matériaux peu énergivores et faiblement émetteurs de gaz à effet de serre. A titre d’exemple, pour une épaisseur d’isolant ayant la même résistance thermique R, le polyuréthane consommera 72 fois plus d’énergie grise qu’une botte de paille. De même, l’utilisation de 19 cm de polyuréthane (R=7) émettra 27m3CO2/m2 tandis que 33cm de paille (R=7) piégeront 41m3CO2/m2 . Les matériaux biosourcés sont particulièrement intéressants de ce point de vue.
  • Limiter les distances de transport des matériaux ou les distances de déplacement des artisans et entreprises travaillant sur le chantier.

Maison écologique avec isolation paille dans le Vercors

Oui mais un bâtiment écologique, c’est forcément un bâtiment cher ?

Une construction écologique n’est pas forcément plus chère. Des techniques constructives respectueuses de l’environnement à coût maîtrisé existent et permettent de proposer des bâtiments abordables, comme l’a prouvé par exemple le bureau d’études thermique Enertech qui a fait construire ses bureaux très écologiques pour un prix 20% inférieur aux prix généralement constatés sur le marché : http://leblog.enertech.fr/

C’est aussi l’objectif de Carapace Habitat : rendre la maison écologique aussi abordable que possible.

Ressources bibliographiques et schéma : ADEME, CAUE38/Créabois Expo « Au fil du bois », Ministère de la transition écologique et solidaire.