La maison écologique est-elle forcément autonome ?

L’autonomie vis-à-vis des réseaux (électricité, eau, assainissement) séduit de plus en plus de monde, mais il existe un large éventail, de la maison « sobre » à l’habitation déconnectée.

Maison isolée et autonomie


Maison autonome : nécessaire ou optionnelle ?

L’actualité météorologique en novembre 2019, avec de fortes chutes de neige dans la Drôme, nous a rappelé notre dépendance aux réseaux, notamment électriques. Ainsi, jusqu’à 143.000 foyers ont été privés d’électricité en Drôme et Ardèche. Les réparations ont nécessité plusieurs jours, et certains foyers n’ont été reconnectés que plusieurs semaines après.

Une longue coupure d’électricité a par ailleurs un effet « boule de neige » (sans vouloir faire de jeu de mots). En l’absence d’électricité, les réseaux de communication téléphonique deviennent rapidement inopérants, de même que l’approvisionnement en eau potable. Enfin, mis à part les inserts et les poêles à bûches, tous les systèmes de chauffage actuels sont dépendants de la fée électrique, quel que soit le combustible. On se retrouve en quelques heures dans une maison sans eau, sans électricité, sans chauffage et sans moyen de communication !

Vercors sous la neige
Vercors sous la neige (nov. 2019)

Ce genre d’évènement questionne nos systèmes actuels et remet sur le devant de la scène la nécessaire résilience de nos installations, voire leur autonomie.

Maison autonome et sobriété

Lorsque l’on intègre une réflexion sur l’autonomie dans un projet de construction ou de rénovation de maison écologique, il nous semble important de travailler d’abord sur la demande avant de proposer des solutions sur l’offre. C’est le principe du « triptyque Negawatt » en matière d’énergie : sobriété-efficacité-renouvelables. Il convient d’abord de réduire la demande (en eau, en énergie) d’un bâtiment, en s’interrogeant sur les besoins (« sobriété ») puis de les satisfaire en utilisant le moins de ressources (eau, énergie) possible (« efficacité »). Enfin, on cherchera à répondre à cette demande avec une offre renouvelable.

Trityque Negawatt
Le trityque Negawatt (source : Negawatt)

Par exemple, en termes d’énergie pour le chauffage :

  1. Sobriété : on s’interrogera tout d’abord sur la surface chauffée dont on a besoin dans une maison et par personne.
  2. Efficacité : on cherchera à isoler fortement le volume à chauffer, par exemple en visant une maison passive.
  3. Renouvelables : les besoins de chauffage restant pourront être couverts par un système de chauffage à énergie renouvelable (bois, solaire, etc.).

Cette approche permet de dimensionner au mieux les solutions techniques pour répondre aux besoins d’une habitation et potentiellement de viser l’autonomie. En effet, si l’on veut par exemple être autonome en électricité, il faudra réduire autant que possible les besoins énergétiques de l’habitation, pour pouvoir y répondre sans installer des champs entiers de panneaux solaires dont le coût total serait prohibitif.

Les différents postes d’autonomie : énergie, eau, assainissement, alimentation

La démarche présentée précédemment dans cet article sur l’énergie et l’électricité peut être appliquée aux autres réseaux et flux d’une maison : eau potable, assainissement, alimentation. Une fois les besoins réfléchis et optimisés, il existe des solutions techniques pour viser l’autonomie ou une forte résilience vis-à-vis de ces réseaux.

Ainsi, pour l’eau potable, les marges de manœuvre sont importantes en termes de réduction des besoins. En France, nous consommons chaque jour 148L d’eau potable domestique par personne, répartis comme indiqué sur le schéma ci-dessous.

Répartition consommation eau potable France
Répartition de la consommation d’eau potable domestique en France

Ce schéma permet clairement de voir quels sont les postes de forte consommation d’eau (douche, chasse d’eau des WC) et d’agir prioritairement sur ces postes pour avoir un impact conséquent. Une fois installés des systèmes économisant l’eau (douche à très faible consommation, chasse d’eau réduite ou toilette sèche, etc.), on pourra travailler par exemple à la mise en place d’un système de récupération des eaux de pluies.

Des solutions techniques existent pour les différents secteurs concernés par l’autonomie : phytoépuration pour l’assainissement autonome, serre d’abondance pour l’alimentation, etc. Elles seront développées dans de futurs articles.

Phytoépuration
Un exemple de phytoépuration

Pour une approche sobre et résiliente

Pour conclure cet article, il nous semble important chez Carapace Habitat de travailler prioritairement sur la sobriété des différents besoins d’une maison avant de travailler sur d’éventuelles solutions techniques de déconnexion des réseaux. Ce que nous proposons en matière thermique (i.e. : construire des maisons performantes avant de s’intéresser au système de chauffage) s’applique également pour les autres besoins : eau, assainissement, alimentation.

Et, comme pour le confort thermique, cette démarche doit se faire sans perte de confort !

Des questions ? N’hésitez pas à nous contacter pour parler de votre projet de maison sobre ou autonome : 06 52 75 65 63 ou carapace@carapacehabitat.fr

Rénovation de maison : comment atteindre la performance thermique ?

Il est possible d’améliorer grandement le confort thermique d’une maison existante et d’en réduire les dépenses énergétiques : découvrez la rénovation performante.

Contexte

Le secteur du bâtiment est actuellement responsable de 45% de la consommation d’énergie primaire en France et de 19% des émissions de gaz à effet de serre. C’est donc un secteur prioritaire en matière d’économie d’énergie et de lutte contre le changement climatique.

Le renouvellement de l’habitat (construction de maisons neuves) est de seulement 1% annuellement en France. Le bâti existant est donc largement majoritaire et c’est une cible prioritaire pour améliorer les performances de l’habitat. En particulier, les « passoires thermiques » (bâtiments très déperditifs, classés F ou G dans les diagnostics énergétiques) sont des gisements d’économies d’énergie très importants. Il y en a 7,5 millions en France !

« Passoire énergétique » vue en caméra thermique : les pertes de chaleur sont visibles en jaune (porte, fenêtre, mur de droite)

Outre l’aspect thermique, il faut aussi prendre en compte l’aspect sécurité. En France, 7 millions de logements présentent un risque d’incendie d’origine électrique selon l’Observatoire national de sécurité électrique (ONSE). 25% des incendies domestiques (soit 50.000 incendies par an) sont dus à une installation électrique défectueuse. Ils causent la mort d’une centaine de personnes annuellement. Ces incendies d’origine électrique ont un coût de dommages d’un milliard d’euros chaque année. Mettre aux normes les installations électriques réduit les risques d’incendie et d’électrocution.

Rénovation de maison globale ou par étapes ?

Les principales pertes thermiques d’un bâtiment sont les murs, le toit, le sol, les fenêtres, la ventilation et les ponts thermiques. Les fuites thermiques se répartissent de manière différente selon le type de bâtiment, son mode et son année de construction : cf. figures ci-dessous (source : étude BATAN (DGHUP, CEREMA, MPF, etc.)).

Exemple des pertes thermiques d’une maison non isolée des années 60 (Consommation de chauffage en kWh énergie primaire par m² Shon)
Exemple des pertes thermiques d’une maison type RT2000 (Consommation de chauffage en kWh énergie primaire par m² Shon)

Pour rénover un bâtiment de manière performante, il est souvent nécessaire de travailler sur ces différentes sources de déperditions énergétiques et sur le système de chauffage. Le travail sur le système de chauffage vient d’ailleurs souvent après avoir travaillé sur les fuites. En effet, on peut alors le dimensionner correctement.

Une rénovation peut avoir lieu de manière globale en s’attaquant à ces différents postes, ou par étapes, en s’occupant d’un poste après l’autre sur plusieurs années. Si la rénovation par étapes permet d’étaler les dépenses dans le temps, il est prouvé qu’elle n’est pas efficace pour atteindre la performance énergétique. Elle est aussi souvent plus chère (plusieurs mises en place de chantiers, montages/démontages, etc.). Enfin, elle risque d’amener des pathologies dans le bâtiment. Ainsi, améliorer l’isolation des murs et changer les fenêtres sans travailler sur la ventilation peut augmenter l’humidité des murs et provoquer leur pourrissement.

Performance d’une rénovation globale ou par étapes (source : DORéMI)

Nous recommandons donc fortement de réaliser une rénovation de manière globale en une seule fois. A minima, on réalisera les études de conception pour une approche globale, associées à un calendrier avec des étapes coordonnées et pertinentes.

La méthode pour une rénovation performante

Un projet de rénovation globale et performante débute par un diagnostic du bâtiment : étude de l’histoire du bâtiment, état de l’existant, identification des éventuelles pathologies et des dégâts, etc. Chaque bâtiment a ses spécificités et seul ce diagnostic permet de proposer des solutions adaptées. Un maître d’œuvre ou un architecte est la personne qui pourra avoir la vision globale du bâtiment. C’est aussi la personne qui prendra en compte les demandes du propriétaire du bâtiment, afin de proposer un projet pertinent de rénovation.

Chantier de rénovation globale (source : Carapace Habitat)

Le projet visera plusieurs objectifs, en fonction du bâti et de la situation rencontrée :

  • Assainir et protéger le bâti. Si des désordres sont constatés (humidité dans les murs par exemple), on proposera des solutions pour assainir le bâtiment.
  • Rénover thermiquement. On réalisera un travail sur les différents postes énumérés plus haut (isolation, ventilation, etc.) pour arriver à un logement confortable et économe en énergie. Nous reviendrons dans un prochain article sur les solutions techniques envisageables.
  • Mettre aux normes. On pourra mettre aux normes les installations électriques et d’assainissement pour réduire les risques (incendies, électrocutions) et les impacts environnementaux.
  • Travailler sur l’accessibilité et les déplacements dans l’habitat. Il nous semble important de profiter d’un projet de rénovation pour réfléchir sur l’aménagement des différentes parties et pièces du logement (largeur de portes, circulation, seuils, etc.) afin d’en favoriser l’accès aux personnes à mobilité réduite. Nous pouvons tous être concernés à moyen ou long terme !

La définition du projet passe donc par une phase d’études détaillées qui permettent d’établir les plans et les descriptifs des travaux nécessaires selon les différents corps de métiers : maçonnerie, charpente, électricité, ventilation, plomberie, etc. Ces documents permettront ensuite de sélectionner les artisans et entreprises pertinents pour réaliser les travaux.

Les aides financières

Différentes aides existent pour rénover un logement, proposées notamment par l’Agence Nationale de l’Habitat, ou par les collectivités locales. Vous trouverez plus d’informations ici.

Résultats

Le premier résultat d’une rénovation performante n’est pas chiffrable : il s’agit des gains obtenus en termes de confort thermique. Quel plaisir de pouvoir utiliser l’ensemble de son logement hiver comme été, sans être obligé de rester collé aux radiateurs et éloigné des fenêtres froides. Quel « luxe » de ne plus avoir de courant d’air froid permanent dans sa maison !

Bien évidemment, une bonne rénovation permettra de réaliser des économies sur le fonctionnement au travers de factures de chauffage et d’électricité réduites, parfois jusqu’à 80%.

Enfin, un bâtiment rénové de manière performante est un patrimoine valorisé. L’étude de la « valeur verte des logements » par les notaires de France montre que les maisons anciennes d’étiquettes énergétiques A/B sont vendues 21% plus chères que les maisons d’étiquettes F/G en Auvergne Rhône Alpes.

Vous souhaitez rénover votre maison? Appelez-nous (06 52 75 65 63) pour un diagnostic de votre bâtiment et la définition d’un projet global et cohérent. Maisons anciennes, des années 50 ou 80, immeubles, etc. : Carapace Habitat propose des solutions adaptées et spécifiques pour chaque type de bâtiment. N’hésitez plus : carapace@carapacehabitat.fr

Sources : Notaires de France, La valeur verte des logements en 2017, Octobre 2018 ; www.ones.fr ; DORéMI; étude BATAN (DGHUP, CEREMA, MPF, etc.).