Rénovation de maison : comment atteindre la performance thermique ?

Il est possible d’améliorer grandement le confort thermique d’une maison existante et d’en réduire les dépenses énergétiques : découvrez la rénovation performante.

Contexte

Le secteur du bâtiment est actuellement responsable de 45% de la consommation d’énergie primaire en France et de 19% des émissions de gaz à effet de serre. C’est donc un secteur prioritaire en matière d’économie d’énergie et de lutte contre le changement climatique.

Le renouvellement de l’habitat (construction de maisons neuves) est de seulement 1% annuellement en France. Le bâti existant est donc largement majoritaire et c’est une cible prioritaire pour améliorer les performances de l’habitat. En particulier, les « passoires thermiques » (bâtiments très déperditifs, classés F ou G dans les diagnostics énergétiques) sont des gisements d’économies d’énergie très importants. Il y en a 7,5 millions en France !

« Passoire énergétique » vue en caméra thermique : les pertes de chaleur sont visibles en jaune (porte, fenêtre, mur de droite)

Outre l’aspect thermique, il faut aussi prendre en compte l’aspect sécurité. En France, 7 millions de logements présentent un risque d’incendie d’origine électrique selon l’Observatoire national de sécurité électrique (ONSE). 25% des incendies domestiques (soit 50.000 incendies par an) sont dus à une installation électrique défectueuse. Ils causent la mort d’une centaine de personnes annuellement. Ces incendies d’origine électrique ont un coût de dommages d’un milliard d’euros chaque année. Mettre aux normes les installations électriques réduit les risques d’incendie et d’électrocution.

Rénovation de maison globale ou par étapes ?

Les principales pertes thermiques d’un bâtiment sont les murs, le toit, le sol, les fenêtres, la ventilation et les ponts thermiques. Les fuites thermiques se répartissent de manière différente selon le type de bâtiment, son mode et son année de construction : cf. figures ci-dessous (source : étude BATAN (DGHUP, CEREMA, MPF, etc.)).

Exemple des pertes thermiques d’une maison non isolée des années 60 (Consommation de chauffage en kWh énergie primaire par m² Shon)
Exemple des pertes thermiques d’une maison type RT2000 (Consommation de chauffage en kWh énergie primaire par m² Shon)

Pour rénover un bâtiment de manière performante, il est souvent nécessaire de travailler sur ces différentes sources de déperditions énergétiques et sur le système de chauffage. Le travail sur le système de chauffage vient d’ailleurs souvent après avoir travaillé sur les fuites. En effet, on peut alors le dimensionner correctement.

Une rénovation peut avoir lieu de manière globale en s’attaquant à ces différents postes, ou par étapes, en s’occupant d’un poste après l’autre sur plusieurs années. Si la rénovation par étapes permet d’étaler les dépenses dans le temps, il est prouvé qu’elle n’est pas efficace pour atteindre la performance énergétique. Elle est aussi souvent plus chère (plusieurs mises en place de chantiers, montages/démontages, etc.). Enfin, elle risque d’amener des pathologies dans le bâtiment. Ainsi, améliorer l’isolation des murs et changer les fenêtres sans travailler sur la ventilation peut augmenter l’humidité des murs et provoquer leur pourrissement.

Performance d’une rénovation globale ou par étapes (source : DORéMI)

Nous recommandons donc fortement de réaliser une rénovation de manière globale en une seule fois. A minima, on réalisera les études de conception pour une approche globale, associées à un calendrier avec des étapes coordonnées et pertinentes.

La méthode pour une rénovation performante

Un projet de rénovation globale et performante débute par un diagnostic du bâtiment : étude de l’histoire du bâtiment, état de l’existant, identification des éventuelles pathologies et des dégâts, etc. Chaque bâtiment a ses spécificités et seul ce diagnostic permet de proposer des solutions adaptées. Un maître d’œuvre ou un architecte est la personne qui pourra avoir la vision globale du bâtiment. C’est aussi la personne qui prendra en compte les demandes du propriétaire du bâtiment, afin de proposer un projet pertinent de rénovation.

Chantier de rénovation globale (source : Carapace Habitat)

Le projet visera plusieurs objectifs, en fonction du bâti et de la situation rencontrée :

  • Assainir et protéger le bâti. Si des désordres sont constatés (humidité dans les murs par exemple), on proposera des solutions pour assainir le bâtiment.
  • Rénover thermiquement. On réalisera un travail sur les différents postes énumérés plus haut (isolation, ventilation, etc.) pour arriver à un logement confortable et économe en énergie. Nous reviendrons dans un prochain article sur les solutions techniques envisageables.
  • Mettre aux normes. On pourra mettre aux normes les installations électriques et d’assainissement pour réduire les risques (incendies, électrocutions) et les impacts environnementaux.
  • Travailler sur l’accessibilité et les déplacements dans l’habitat. Il nous semble important de profiter d’un projet de rénovation pour réfléchir sur l’aménagement des différentes parties et pièces du logement (largeur de portes, circulation, seuils, etc.) afin d’en favoriser l’accès aux personnes à mobilité réduite. Nous pouvons tous être concernés à moyen ou long terme !

La définition du projet passe donc par une phase d’études détaillées qui permettent d’établir les plans et les descriptifs des travaux nécessaires selon les différents corps de métiers : maçonnerie, charpente, électricité, ventilation, plomberie, etc. Ces documents permettront ensuite de sélectionner les artisans et entreprises pertinents pour réaliser les travaux.

Les aides financières

Différentes aides existent pour rénover un logement, proposées notamment par l’Agence Nationale de l’Habitat, ou par les collectivités locales. Vous trouverez plus d’informations ici.

Résultats

Le premier résultat d’une rénovation performante n’est pas chiffrable : il s’agit des gains obtenus en termes de confort thermique. Quel plaisir de pouvoir utiliser l’ensemble de son logement hiver comme été, sans être obligé de rester collé aux radiateurs et éloigné des fenêtres froides. Quel « luxe » de ne plus avoir de courant d’air froid permanent dans sa maison !

Bien évidemment, une bonne rénovation permettra de réaliser des économies sur le fonctionnement au travers de factures de chauffage et d’électricité réduites, parfois jusqu’à 80%.

Enfin, un bâtiment rénové de manière performante est un patrimoine valorisé. L’étude de la « valeur verte des logements » par les notaires de France montre que les maisons anciennes d’étiquettes énergétiques A/B sont vendues 21% plus chères que les maisons d’étiquettes F/G en Auvergne Rhône Alpes.

Vous souhaitez rénover votre maison? Appelez-nous (06 52 75 65 63) pour un diagnostic de votre bâtiment et la définition d’un projet global et cohérent. Maisons anciennes, des années 50 ou 80, immeubles, etc. : Carapace Habitat propose des solutions adaptées et spécifiques pour chaque type de bâtiment. N’hésitez plus : carapace@carapacehabitat.fr

Sources : Notaires de France, La valeur verte des logements en 2017, Octobre 2018 ; www.ones.fr ; DORéMI; étude BATAN (DGHUP, CEREMA, MPF, etc.).

Qualité de l’air intérieur : quels dangers et quelles solutions ?

Nous passons 85% de notre temps à l’intérieur de bâtiments, où l’air est 3 à 10 fois plus pollué qu’à l’extérieur ! D’où viennent ces polluants ? Comment améliorer la qualité de l’air intérieur chez soi ?

fumée pollution air intérieur

Découvrons quels sont les dangers et les risques de cette pollution de l’air intérieur avant de voir quelles sont les pistes de solutions lors de la construction ou de l’entretien d’une maison écologique.

Pourquoi s’intéresser à la qualité de l’air intérieur ?

Nous passons en moyenne beaucoup plus de temps à l’intérieur qu’à l’extérieur : 85% du temps pour un quart des Français. Et plus précisément, nous passons beaucoup de temps dans notre logement : 16h par jour en moyenne (pensez aux nuits et aux week-ends).

Quand on sait qu’il y a en France 3,5 millions de personnes asthmatiques et que 30% de la population est concernée par les allergies, il y a de quoi s’intéresser à la qualité de cet air intérieur que nous respirons si régulièrement.

Quelles pollutions de l’air intérieur ?

De nombreux polluant sont présents dans l’air. L’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI) a mené des études sur les concentrations de ces polluants. Un exemple de résultat est donné dans le graphique ci-dessous. Les principaux polluants sont 3 à 10 fois plus concentrés dans l’air intérieur que dans l’air extérieur.

graphe qualité air intérieur
Concentrations de polluants dans les airs intérieur et extérieur (source : Medieco, OQAI)

Des centaines de composés différents peuvent avoir des conséquences sur la santé. Une quinzaine ont été identifiés comme « hautement prioritaires » par l’OQAI. Parmi ceux-ci : le formaldéhyde, le benzène, le monoxyde de carbone et les particules fines (PM10 et PM2,5). Pour les détecter, on cherche généralement à mesurer la concentration en dioxyde de carbone, en formaldéhyde et en composés organiques volatils (COV). Le graphe ci-dessous est un suivi de la concentration de CO2 dans une habitation, réalisé par Carapace Habitat. On voit que l’on dépasse régulièrement le seuil réglementaire de 1.300ppm, ici à cause d’un mauvais renouvellement de l’air. La photo suivante, réalisée par Carapace Habitat lors du diagnostic d’une maison en vue d’une rénovation, indique un taux élevé en formaldéhyde (HCHO), indicateur d’une pollution chimique de l’air intérieur.

Analyse CO2 air intérieur Carapace Habitat
Analyse de la concentration de CO2 dans une pièce d’habitation (source : Carapace Habitat)
Analyse qualité air intérieur - Carapace Habitat
Analyse de qualité de l’air dans une maison (source : Carapace Habitat)

Quelles conséquences pour la santé ?

On distingue les effets des polluants sur la santé humaine selon que leur nocivité est à court ou long terme. Ainsi, le monoxyde de carbone, issu d’une combustion incomplète, peut tuer à très court terme. Une centaine de décès et 1.300 intoxications sont ainsi recensés en France annuellement.

D’autres polluants, tels que l’amiante, la fumée de tabac, les particules fines ou le radon (gaz radioactif naturellement présent dans les sols), ont des effets à beaucoup plus long terme, notamment en termes de cancer du poumon. On estime que 1.200 à 2.900 personnes meurent chaque année en France d’un cancer du poumon dû à une exposition au radon.

Les composés organiques volatils (COV) et les aldéhydes sont, le plus souvent, à l’origine d’irritations des yeux et des voies respiratoires. Certains d’entre eux, comme le benzène et le formaldéhyde, sont en outre classés « cancérogènes certains » chez l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Fumée encens air intérieur
Les fumées d’encens présentent de fortes concentrations dans certains polluants de l’air, tel que le D-Limonène

Le coût des effets d’une mauvaise qualité de l’air intérieur en France est estimé entre 12 et 38 milliards d’euros par an !

Quelles sont les sources de polluants ?

Dans l’ordre d’importance décroissant, les sources de pollution de l’air intérieur sont :

  1. L’air extérieur : pollution locale, poussières, etc. qui se concentrent à l’intérieur.
  2. Les émanations naturelles du sol : radon, sols contaminés.
  3. Les matériaux de construction et de décoration : peintures, colles, isolants, etc.
  4. Les équipements intérieurs : meubles (bois collés), ventilation et chaudières mal réglées, humidité produite par le séchage du linge, etc.
  5. Les activités humaines : produits de toilette, de cosmétique et d’entretien.

Contrairement aux idées reçues, les produits d’entretien ne sont donc pas les premiers polluants de l’air intérieur. On voit ici que beaucoup peut être fait pour limiter la pollution intérieure au moment de la construction d’une maison. Le choix de l’emplacement du projet est important : en zone radon 3, loin des axes routiers, etc. Le choix des matériaux de construction est aussi un critère de premier plan.

Que faire pour favoriser une bonne qualité de l’air intérieur ?

Les principaux axes d’action pour une bonne qualité de l’air sont de réduire les transferts des polluants extérieurs, d’assurer un bon renouvellement d’air, de maîtriser l’hygrométrie et de limiter les sources intérieures de pollution.

Pour limiter l’entrée de radon ou de polluants extérieurs, on travaillera essentiellement sur la bonne étanchéité à l’air de la maison et sur une ventilation efficace avec filtration de l’air entrant (VMC double flux, par exemple).

Une ventilation efficace et correctement réglée permettra par ailleurs d’assurer un renouvellement continu de l’air de la maison (de l’ordre de 150 à 200m3/h pour une maison (à calculer)). Elle permettra également de maintenir l’hygrométrie entre 35% et 55% pour éviter tout risque de moisissures qui sont responsables d’allergies. Les photos ci-dessous montrent le développement de moisissures dans une salle de bain en présence d’une ventilation insuffisante (source : Carapace Habitat).

Afin de réduire les sources de pollution intérieures, on veillera à choisir des produits à faible impact : peintures, colles, meubles, etc. Pour cela, on peut notamment vérifier l’étiquetage obligatoire des polluants volatils en visant les produits A+ (cf. logo ci-dessous). D’autres labels existent également : Emicode EC1 Plus pour les produits de pose (colles, etc.), natureplus pour les peintures, etc.

étiquetage polluants volatils

Les appareils de chauffage doivent faire l’objet d’une attention particulière : contrôle annuel par un professionnel, ramonage, changement des joints d’étanchéité tous les trois ans, etc.

Enfin pour les produits d’entretien, on préférera les produits non parfumés et nettoyants multi-usage, qui émettent beaucoup moins de polluants.

En conclusion…

En conclusion : pas de panique ! Si la pollution de l’air intérieur est une réalité, ce n’est pas une fatalité. Des solutions existent aussi bien lors de la construction (ou de la rénovation) que lorsque l’on vit dans une maison.

Carapace Habitat prend en compte cette question sanitaire dans chacun de ses projets : analyse de l’air, proposition de solutions hygiéniques et écologiques, conseils au fonctionnement, etc. Il n’y a pas que la thermique dans la vie 😉 N’hésitez pas à nous contacter pour en parler sur votre projet.

Ressources bibliographiques : OQAI, Medieco, Passive House Institute.