Construire une maison écologique

Non, une maison écologique n’est pas forcément une cabane en bois sommaire au fond d’une forêt. Ce n’est pas non plus une lubie de militants écologistes autoconstructeurs en rupture avec la société.

Des bâtiments écologiques poussent désormais partout en France et sont essentiellement le fait d’entreprises et d’artisans convaincus de la nécessité de construire de manière plus responsable et durable.

Pourquoi construire écologique ?

Le secteur de la construction est l’un des secteurs d’activité ayant le plus d’impact sur l’environnement. Ainsi, l’habitat est responsable en France de 19% des émissions de gaz à effet de serre et consomme 45% de l’énergie primaire. Afin de lutter contre le changement climatique, la rénovation performante et la construction de maisons écologiques, voire passives, sont des activités d’avenir.

Part de l’habitat dans les émissions de gaz à effet de serre en France en 2016

 

Part de l’habitat dans la consommation d’énergie primaire en France en 2015

Qu’est-ce qu’une maison écologique ?

Il n’existe pas de définition stricte ou de label. Une maison écologique est une maison plus respectueuse de l’environnement. Pour cela, les deux axes principaux d’action sont le fonctionnement (ou exploitation ou usage) de la maison et sa construction.

Consommation énergétique d’une maison en usage

C’est la partie la plus importante de la consommation d’énergie (et d’émission de gaz à effet de serre) d’une maison sur l’ensemble de sa durée de vie. En effet, si l’on cumule la consommation énergétique d’une maison conventionnelle sur (par exemple) 50 ans de durée de vie, on arrive à une quantité d’énergie au moins 5 fois supérieure à l’énergie nécessaire à la construction de cette maison.

C’est donc l’axe majeur d’intervention pour rendre une maison écologique. Pour cela, il est intéressant de regarder quels sont les principaux postes de consommation d’énergie d’une maison. Si l’éclairage est souvent la première idée qui vient en tête (« remplaçons les ampoules traditionnelles par des ampoules à économie d’énergie »), c’est en fait le chauffage qui est, et de loin, le poste le plus énergivore : 61%.

Répartition de la consommation énergétique d’une maison en France en 2012

Cela explique que dans une maison écologique, on mettra l’accent sur la réduction des besoins de chauffage, notamment via une excellente isolation (pour réduire les pertes de chaleur par les murs, le sol et le toit), une très bonne étanchéité à l’air (pour éviter les fuites d’air chaud), l’installation de menuiseries performantes (pour éviter les déperditions par les fenêtres et les portes) et la récupération de chaleur sur le système de ventilation (VMC double flux).

Ainsi, les maisons passives, par exemple, consomment 70% moins d’énergie pour le chauffage qu’une construction neuve actuelle, et 90% de moins qu’une maison existante.

Énergie nécessaire à la construction d’une maison

L’énergie nécessaire à la construction d’une maison ne se limite pas à l’énergie nécessaire au chantier. Elle inclut également « l’énergie grise » qui est toute l’énergie mise en œuvre pendant la vie d’un bâtiment, selon l’analyse du cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication des matériaux de construction, conditionnement, usage, recyclage, etc. Il en est de même pour les émissions de gaz à effet de serre.

Afin de « construire écologique », on va donc notamment :

  • Utiliser au maximum des matériaux peu énergivores et faiblement émetteurs de gaz à effet de serre. A titre d’exemple, pour une épaisseur d’isolant ayant la même résistance thermique R, le polyuréthane consommera 72 fois plus d’énergie grise qu’une botte de paille. De même, l’utilisation de 19 cm de polyuréthane (R=7) émettra 27m3CO2/m2 tandis que 33cm de paille (R=7) piégeront 41m3CO2/m2 . Les matériaux biosourcés sont particulièrement intéressants de ce point de vue.
  • Limiter les distances de transport des matériaux ou les distances de déplacement des artisans et entreprises travaillant sur le chantier.

Maison écologique avec isolation paille dans le Vercors

Oui mais un bâtiment écologique, c’est forcément un bâtiment cher ?

Une construction écologique n’est pas forcément plus chère. Des techniques constructives respectueuses de l’environnement à coût maîtrisé existent et permettent de proposer des bâtiments abordables, comme l’a prouvé par exemple le bureau d’études thermique Enertech qui a fait construire ses bureaux très écologiques pour un prix 20% inférieur aux prix généralement constatés sur le marché : http://leblog.enertech.fr/

C’est aussi l’objectif de Carapace Habitat : rendre la maison écologique aussi abordable que possible.

Ressources bibliographiques et schéma : ADEME, CAUE38/Créabois Expo « Au fil du bois », Ministère de la transition écologique et solidaire.

Une maison confortable : qu’est-ce que c’est ?

Avez-vous déjà eu l’impression d’avoir froid dans votre maison alors que le thermomètre intérieur affiche 22°C ? Et d’où vient cette sensation désagréable de courant d’air froid, alors que toutes les fenêtres sont fermées ?

Un canapé moelleux ? Un poêle bien chaud ? Des chambres bien agencées ? Ces équipements font bien sûr partie du confort d’une maison. Mais avant cela, une bonne conception et une construction soignée permettent d’apporter un très grand confort thermique, acoustique et sanitaire.

Qu’est-ce que le confort ?

Le confort désigne les situations où la position ou l’environnement du corps humain sont ressentis comme agréables ou excluant le non-agréable. Ces sensations sont subjectives et différentes personnes ne ressentiront pas le même confort dans une pièce ou un environnement donné. Néanmoins, dans une maison le confort réside en grande partie dans le confort thermique, que l’on peut peut mesurer. Et optimiser.

Confort thermique

Contrairement à ce que l’on peut penser, la température de l’air n’est pas le seul paramètre de confort thermique. Plusieurs autres variables entrent en jeu pour définir la zone de confort thermique : température des surfaces environnantes, vitesse de l’air et humidité de l’air.

Ainsi, la température ressentie par le corps humain n’est pas égale à la température de l’air, mais à la moyenne entre la température de l’air et celle des parois environnantes. Cela explique que l’on peut avoir une forte sensation de froid à proximité d’une fenêtre simple vitrage (dont la température sera de 10°C par exemple) alors que le thermomètre intérieur affiche 22°C, car la température ressentie est alors de 16°C (=(10+22)/2).

De même, dès que la vitesse de l’air dans la pièce dépasse 0,08m/s (ou 0,3km/h !!), de nombreuses personnes disent être insatisfaites à cause des courants d’air.

On comprend donc facilement que pour avoir une maison confortable, pousser le chauffage en hiver (pour augmenter la température intérieure) ne suffira pas.

Humidité de l’air

L’humidité de l’air dans la maison a un double impact sur les habitants en termes de confort.

  • Sensation de confort : un air trop sec (par exemple 15% d’humidité relative) provoquera un assèchement des muqueuses ressenti comme inconfortable. A l’inverse, un air trop humide (par exemple 85% d’humidité relative) augmente la sensation d’inconfort lorsque la température augmente en été.
  • Impact sur la santé : un air trop sec peut provoquer des irritations des muqueuses désagréables pour les habitants. Et un air trop humide favorise le développement de moisissures et d’acariens qui peuvent avoir des conséquences sur les voies respiratoires et provoquer des maladies.

Afin d’éviter ces problèmes, il est donc recommandé de viser une humidité relative « confortable » de 35 à 55%.

Et la santé ?

Comme on l’a vu avec une humidité trop élevée, l’air intérieur peut avoir des conséquences néfastes et répétées sur la santé.  De plus, une maison où l’on est régulièrement malade sera considérée comme inconfortable.

D’autres polluants de l’air sont à prendre en considération. Le monoxyde de carbone est très nocif et cause encore régulièrement des décès par asphyxie dans des maisons mal ventilées et équipées d’appareils à combustion mal réglés. De plus, l’ozone et le dioxyde d’azote peuvent provoquer des dégâts sur les voies respiratoires lorsqu’ils dépassent certaines concentrations dans l’air intérieur.

Enfin, la forte teneur en dioxyde de carbone dans une pièce a également des conséquences tels que maux de tête, fatigues, etc. Cette situation est très fréquente dans l’habitat conventionnel insuffisamment ventilé où la concentration en CO2 dépasse régulièrement le seuil de confort de 1.000ppm.

Quelles solutions ?

Les solutions de construction ou de rénovation existent pour rendre une maison confortable sur ces différents aspects :

  • Une bonne isolation permet de rendre les parois extérieures plus chaudes, augmentant ainsi la température ressentie sans monter le chauffage.
  • Des fenêtres performantes (triple vitrage) auront également une température de surface intérieur plus élevé et donc plus agréables.
  • Une bonne étanchéité à l’air limite grandement les entrées d’air parasites et donc la sensation de courant d’air inconfortable.
  • Une ventilation bien conçue et correctement dimensionnée permettra de réguler l’humidité de l’air et d’évacuer les polluants (CO2, CO, NO2, etc.) pour une meilleure hygiène et un confort accru.

Nous développerons ces différents aspects sur le blog de Carapace Habitat dans les semaines à venir. A bientôt.

Ressources bibliographiques : Norme EN ISO 7730 ; Norme EN 13779 ; Passivhaus Institut ; « Isolation thermique écologique » (Oliva J.-P. et Courgey S., Terre vivante, 2010).
Source schéma : maisondesbioenergies.com