Une maison confortable : qu’est-ce que c’est ?

Avez-vous déjà eu l’impression d’avoir froid dans votre maison alors que le thermomètre intérieur affiche 22°C ? Et d’où vient cette sensation désagréable de courant d’air froid, alors que toutes les fenêtres sont fermées ?

Un canapé moelleux ? Un poêle bien chaud ? Des chambres bien agencées ? Ces équipements font bien sûr partie du confort d’une maison, mais avant cela, une bonne conception et une construction soignée permettent d’apporter un très grand confort thermique, acoustique et sanitaire.

Qu’est-ce que le confort ?

Le confort désigne les situations où la position ou l’environnement du corps humain sont ressentis comme agréables ou excluant le non-agréable. Ces sensations sont subjectives et différentes personnes ne ressentiront pas le même confort dans une pièce ou un environnement donné. Néanmoins, dans une maison le confort réside en grande partie dans le confort thermique, qui peut être mesuré. Et optimisé.

Confort thermique

Contrairement à ce que l’on peut penser, la température de l’air n’est pas le seul paramètre de confort thermique. Plusieurs autres variables entrent en jeu pour définir la zone de confort thermique : température des surfaces environnantes, vitesse de l’air et humidité de l’air.

Ainsi, la température ressentie par le corps humain n’est pas égale à la température de l’air, mais à la moyenne entre la température de l’air et celle des parois environnantes. Cela explique que l’on peut avoir une forte sensation de froid à proximité d’une fenêtre simple vitrage (dont la température sera de 10°C par exemple) alors que le thermomètre intérieur affiche 22°C, car la température ressentie est alors de 16°C (=(10+22)/2).

De même, dès que la vitesse de l’air dans la pièce dépasse 0,08m/s (ou 0,3km/h !!), de nombreuses personnes disent être insatisfaites à cause des courants d’air.

On comprend donc facilement que pour avoir une maison confortable, pousser le chauffage en hiver (pour augmenter la température intérieure) ne suffira pas.

Humidité de l’air

L’humidité de l’air dans la maison a un double impact sur les habitants en termes de confort.

  • Sensation de confort : un air trop sec (par exemple 15% d’humidité relative) provoquera un assèchement des muqueuses ressenti comme inconfortable. A l’inverse, un air trop humide (par exemple 85% d’humidité relative) augmente la sensation d’inconfort lorsque la température augmente en été.
  • Impact sur la santé : un air trop sec peut provoquer des irritations des muqueuses désagréables pour les habitants, et un air trop humide favorise le développement de moisissures et d’acariens qui peuvent avoir des conséquences sur les voies respiratoires et provoquer des maladies.

Afin d’éviter ces problèmes, il est donc recommandé de viser une humidité relative « confortable » de 35 à 55%.

Et la santé ?

Comme on l’a vu avec une humidité trop élevée, l’air intérieur peut avoir des conséquences néfastes et répétées sur la santé, et une maison où l’on est régulièrement malade sera alors considérée comme inconfortable.

D’autres polluants de l’air sont à prendre en considération : ainsi, le monoxyde de carbone est très nocif et cause encore régulièrement des décès par asphyxie dans des maisons mal ventilées et équipées d’appareils à combustion mal réglés. De plus, l’ozone et le dioxyde d’azote peuvent provoquer des dégâts sur les voies respiratoires lorsqu’ils dépassent certaines concentrations dans l’air intérieur.

Enfin, la forte teneur en dioxyde de carbone dans une pièce a également des conséquences tels que maux de tête, fatigues, etc. Cette situation est très fréquente dans l’habitat conventionnel insuffisamment ventilé où la concentration en CO2 dépasse régulièrement le seuil de confort de 1.000ppm.

Quelles solutions ?

Les solutions de construction ou de rénovation existent pour rendre une maison confortable sur ces différents aspects thermiques et de santé :

  • Une bonne isolation permet de rendre les parois extérieures plus chaudes, augmentant ainsi la température ressentie sans monter le chauffage.
  • Des fenêtres performantes (triple vitrage) auront également une température de surface intérieur plus élevé et donc plus agréables.
  • Une bonne étanchéité à l’air limite grandement les entrées d’air parasites et donc la sensation de courant d’air inconfortable.
  • Une ventilation bien conçue et correctement dimensionnée permettra de réguler l’humidité de l’air et d’évacuer les polluants (CO2, CO, NO2, etc.) pour une meilleure hygiène et un confort accru.

Nous développerons ces différents aspects sur le blog de Carapace Habitat dans les semaines à venir. A bientôt.

Ressources bibliographiques : Norme EN ISO 7730 ; Norme EN 13779 ; Passivhaus Institut ; « Isolation thermique écologique » (Oliva J.-P. et Courgey S., Terre vivante, 2010).
Source schéma : maisondesbioenergies.com