Rénovation de maison : comment atteindre la performance thermique ?

Il est possible d’améliorer grandement le confort thermique d’une maison existante et d’en réduire les dépenses énergétiques : découvrez la rénovation performante.

Contexte

Le secteur du bâtiment est actuellement responsable de 45% de la consommation d’énergie primaire en France et de 19% des émissions de gaz à effet de serre. C’est donc un secteur prioritaire en matière d’économie d’énergie et de lutte contre le changement climatique.

Le renouvellement de l’habitat (construction de maisons neuves) est de seulement 1% annuellement en France. Le bâti existant est donc largement majoritaire et c’est une cible prioritaire pour améliorer les performances de l’habitat. En particulier, les « passoires thermiques » (bâtiments très déperditifs, classés F ou G dans les diagnostics énergétiques) sont des gisements d’économies d’énergie très importants. Il y en a 7,5 millions en France !

« Passoire énergétique » vue en caméra thermique : les pertes de chaleur sont visibles en jaune (porte, fenêtre, mur de droite)

Outre l’aspect thermique, il faut aussi prendre en compte l’aspect sécurité. En France, 7 millions de logements présentent un risque d’incendie d’origine électrique selon l’Observatoire national de sécurité électrique (ONSE). 25% des incendies domestiques (soit 50.000 incendies par an) sont dus à une installation électrique défectueuse. Ils causent la mort d’une centaine de personnes annuellement. Ces incendies d’origine électrique ont un coût de dommages d’un milliard d’euros chaque année. Mettre aux normes les installations électriques réduit les risques d’incendie et d’électrocution.

Rénovation de maison globale ou par étapes ?

Les principales pertes thermiques d’un bâtiment sont les murs, le toit, le sol, les fenêtres, la ventilation et les ponts thermiques. Les fuites thermiques se répartissent de manière différente selon le type de bâtiment, son mode et son année de construction : cf. figures ci-dessous (source : étude BATAN (DGHUP, CEREMA, MPF, etc.)).

Exemple des pertes thermiques d’une maison non isolée des années 60 (Consommation de chauffage en kWh énergie primaire par m² Shon)
Exemple des pertes thermiques d’une maison type RT2000 (Consommation de chauffage en kWh énergie primaire par m² Shon)

Pour rénover un bâtiment de manière performante, il est souvent nécessaire de travailler sur ces différentes sources de déperditions énergétiques et sur le système de chauffage. Le travail sur le système de chauffage vient d’ailleurs souvent après avoir travaillé sur les fuites. En effet, on peut alors le dimensionner correctement.

Une rénovation peut avoir lieu de manière globale en s’attaquant à ces différents postes, ou par étapes, en s’occupant d’un poste après l’autre sur plusieurs années. Si la rénovation par étapes permet d’étaler les dépenses dans le temps, il est prouvé qu’elle n’est pas efficace pour atteindre la performance énergétique. Elle est aussi souvent plus chère (plusieurs mises en place de chantiers, montages/démontages, etc.). Enfin, elle risque d’amener des pathologies dans le bâtiment. Ainsi, améliorer l’isolation des murs et changer les fenêtres sans travailler sur la ventilation peut augmenter l’humidité des murs et provoquer leur pourrissement.

Performance d’une rénovation globale ou par étapes (source : DORéMI)

Nous recommandons donc fortement de réaliser une rénovation de manière globale en une seule fois. A minima, on réalisera les études de conception pour une approche globale, associées à un calendrier avec des étapes coordonnées et pertinentes.

La méthode pour une rénovation performante

Un projet de rénovation globale et performante débute par un diagnostic du bâtiment : étude de l’histoire du bâtiment, état de l’existant, identification des éventuelles pathologies et des dégâts, etc. Chaque bâtiment a ses spécificités et seul ce diagnostic permet de proposer des solutions adaptées. Un maître d’œuvre ou un architecte est la personne qui pourra avoir la vision globale du bâtiment. C’est aussi la personne qui prendra en compte les demandes du propriétaire du bâtiment, afin de proposer un projet pertinent de rénovation.

Chantier de rénovation globale (source : Carapace Habitat)

Le projet visera plusieurs objectifs, en fonction du bâti et de la situation rencontrée :

  • Assainir et protéger le bâti. Si des désordres sont constatés (humidité dans les murs par exemple), on proposera des solutions pour assainir le bâtiment.
  • Rénover thermiquement. On réalisera un travail sur les différents postes énumérés plus haut (isolation, ventilation, etc.) pour arriver à un logement confortable et économe en énergie. Nous reviendrons dans un prochain article sur les solutions techniques envisageables.
  • Mettre aux normes. On pourra mettre aux normes les installations électriques et d’assainissement pour réduire les risques (incendies, électrocutions) et les impacts environnementaux.
  • Travailler sur l’accessibilité et les déplacements dans l’habitat. Il nous semble important de profiter d’un projet de rénovation pour réfléchir sur l’aménagement des différentes parties et pièces du logement (largeur de portes, circulation, seuils, etc.) afin d’en favoriser l’accès aux personnes à mobilité réduite. Nous pouvons tous être concernés à moyen ou long terme !

La définition du projet passe donc par une phase d’études détaillées qui permettent d’établir les plans et les descriptifs des travaux nécessaires selon les différents corps de métiers : maçonnerie, charpente, électricité, ventilation, plomberie, etc. Ces documents permettront ensuite de sélectionner les artisans et entreprises pertinents pour réaliser les travaux.

Les aides financières

Différentes aides existent pour rénover un logement, proposées notamment par l’Agence Nationale de l’Habitat, ou par les collectivités locales. Vous trouverez plus d’informations ici.

Résultats

Le premier résultat d’une rénovation performante n’est pas chiffrable : il s’agit des gains obtenus en termes de confort thermique. Quel plaisir de pouvoir utiliser l’ensemble de son logement hiver comme été, sans être obligé de rester collé aux radiateurs et éloigné des fenêtres froides. Quel « luxe » de ne plus avoir de courant d’air froid permanent dans sa maison !

Bien évidemment, une bonne rénovation permettra de réaliser des économies sur le fonctionnement au travers de factures de chauffage et d’électricité réduites, parfois jusqu’à 80%.

Enfin, un bâtiment rénové de manière performante est un patrimoine valorisé. L’étude de la « valeur verte des logements » par les notaires de France montre que les maisons anciennes d’étiquettes énergétiques A/B sont vendues 21% plus chères que les maisons d’étiquettes F/G en Auvergne Rhône Alpes.

Vous souhaitez rénover votre maison? Appelez-nous (06 52 75 65 63) pour un diagnostic de votre bâtiment et la définition d’un projet global et cohérent. Maisons anciennes, des années 50 ou 80, immeubles, etc. : Carapace Habitat propose des solutions adaptées et spécifiques pour chaque type de bâtiment. N’hésitez plus : carapace@carapacehabitat.fr

Sources : Notaires de France, La valeur verte des logements en 2017, Octobre 2018 ; www.ones.fr ; DORéMI; étude BATAN (DGHUP, CEREMA, MPF, etc.).

Qualité de l’air intérieur : quels dangers et quelles solutions ?

Nous passons 85% de notre temps à l’intérieur de bâtiments, où l’air est 3 à 10 fois plus pollué qu’à l’extérieur ! D’où viennent ces polluants ? Comment améliorer la qualité de l’air intérieur chez soi ?

fumée pollution air intérieur

Découvrons quels sont les dangers et les risques de cette pollution de l’air intérieur avant de voir quelles sont les pistes de solutions lors de la construction ou de l’entretien d’une maison écologique.

Pourquoi s’intéresser à la qualité de l’air intérieur ?

Nous passons en moyenne beaucoup plus de temps à l’intérieur qu’à l’extérieur : 85% du temps pour un quart des Français. Et plus précisément, nous passons beaucoup de temps dans notre logement : 16h par jour en moyenne (pensez aux nuits et aux week-ends).

Quand on sait qu’il y a en France 3,5 millions de personnes asthmatiques et que 30% de la population est concernée par les allergies, il y a de quoi s’intéresser à la qualité de cet air intérieur que nous respirons si régulièrement.

Quelles pollutions de l’air intérieur ?

De nombreux polluant sont présents dans l’air. L’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (OQAI) a mené des études sur les concentrations de ces polluants. Un exemple de résultat est donné dans le graphique ci-dessous. Les principaux polluants sont 3 à 10 fois plus concentrés dans l’air intérieur que dans l’air extérieur.

graphe qualité air intérieur
Concentrations de polluants dans les airs intérieur et extérieur (source : Medieco, OQAI)

Des centaines de composés différents peuvent avoir des conséquences sur la santé. Une quinzaine ont été identifiés comme « hautement prioritaires » par l’OQAI. Parmi ceux-ci : le formaldéhyde, le benzène, le monoxyde de carbone et les particules fines (PM10 et PM2,5). Pour les détecter, on cherche généralement à mesurer la concentration en dioxyde de carbone, en formaldéhyde et en composés organiques volatils (COV). Le graphe ci-dessous est un suivi de la concentration de CO2 dans une habitation, réalisé par Carapace Habitat. On voit que l’on dépasse régulièrement le seuil réglementaire de 1.300ppm, ici à cause d’un mauvais renouvellement de l’air. La photo suivante, réalisée par Carapace Habitat lors du diagnostic d’une maison en vue d’une rénovation, indique un taux élevé en formaldéhyde (HCHO), indicateur d’une pollution chimique de l’air intérieur.

Analyse CO2 air intérieur Carapace Habitat
Analyse de la concentration de CO2 dans une pièce d’habitation (source : Carapace Habitat)
Analyse qualité air intérieur - Carapace Habitat
Analyse de qualité de l’air dans une maison (source : Carapace Habitat)

Quelles conséquences pour la santé ?

On distingue les effets des polluants sur la santé humaine selon que leur nocivité est à court ou long terme. Ainsi, le monoxyde de carbone, issu d’une combustion incomplète, peut tuer à très court terme. Une centaine de décès et 1.300 intoxications sont ainsi recensés en France annuellement.

D’autres polluants, tels que l’amiante, la fumée de tabac, les particules fines ou le radon (gaz radioactif naturellement présent dans les sols), ont des effets à beaucoup plus long terme, notamment en termes de cancer du poumon. On estime que 1.200 à 2.900 personnes meurent chaque année en France d’un cancer du poumon dû à une exposition au radon.

Les composés organiques volatils (COV) et les aldéhydes sont, le plus souvent, à l’origine d’irritations des yeux et des voies respiratoires. Certains d’entre eux, comme le benzène et le formaldéhyde, sont en outre classés « cancérogènes certains » chez l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Fumée encens air intérieur
Les fumées d’encens présentent de fortes concentrations dans certains polluants de l’air, tel que le D-Limonène

Le coût des effets d’une mauvaise qualité de l’air intérieur en France est estimé entre 12 et 38 milliards d’euros par an !

Quelles sont les sources de polluants ?

Dans l’ordre d’importance décroissant, les sources de pollution de l’air intérieur sont :

  1. L’air extérieur : pollution locale, poussières, etc. qui se concentrent à l’intérieur.
  2. Les émanations naturelles du sol : radon, sols contaminés.
  3. Les matériaux de construction et de décoration : peintures, colles, isolants, etc.
  4. Les équipements intérieurs : meubles (bois collés), ventilation et chaudières mal réglées, humidité produite par le séchage du linge, etc.
  5. Les activités humaines : produits de toilette, de cosmétique et d’entretien.

Contrairement aux idées reçues, les produits d’entretien ne sont donc pas les premiers polluants de l’air intérieur. On voit ici que beaucoup peut être fait pour limiter la pollution intérieure au moment de la construction d’une maison. Le choix de l’emplacement du projet est important : en zone radon 3, loin des axes routiers, etc. Le choix des matériaux de construction est aussi un critère de premier plan.

Que faire pour favoriser une bonne qualité de l’air intérieur ?

Les principaux axes d’action pour une bonne qualité de l’air sont de réduire les transferts des polluants extérieurs, d’assurer un bon renouvellement d’air, de maîtriser l’hygrométrie et de limiter les sources intérieures de pollution.

Pour limiter l’entrée de radon ou de polluants extérieurs, on travaillera essentiellement sur la bonne étanchéité à l’air de la maison et sur une ventilation efficace avec filtration de l’air entrant (VMC double flux, par exemple).

Une ventilation efficace et correctement réglée permettra par ailleurs d’assurer un renouvellement continu de l’air de la maison (de l’ordre de 150 à 200m3/h pour une maison (à calculer)). Elle permettra également de maintenir l’hygrométrie entre 35% et 55% pour éviter tout risque de moisissures qui sont responsables d’allergies. Les photos ci-dessous montrent le développement de moisissures dans une salle de bain en présence d’une ventilation insuffisante (source : Carapace Habitat).

Afin de réduire les sources de pollution intérieures, on veillera à choisir des produits à faible impact : peintures, colles, meubles, etc. Pour cela, on peut notamment vérifier l’étiquetage obligatoire des polluants volatils en visant les produits A+ (cf. logo ci-dessous). D’autres labels existent également : Emicode EC1 Plus pour les produits de pose (colles, etc.), natureplus pour les peintures, etc.

étiquetage polluants volatils

Les appareils de chauffage doivent faire l’objet d’une attention particulière : contrôle annuel par un professionnel, ramonage, changement des joints d’étanchéité tous les trois ans, etc.

Enfin pour les produits d’entretien, on préférera les produits non parfumés et nettoyants multi-usage, qui émettent beaucoup moins de polluants.

En conclusion…

En conclusion : pas de panique ! Si la pollution de l’air intérieur est une réalité, ce n’est pas une fatalité. Des solutions existent aussi bien lors de la construction (ou de la rénovation) que lorsque l’on vit dans une maison.

Carapace Habitat prend en compte cette question sanitaire dans chacun de ses projets : analyse de l’air, proposition de solutions hygiéniques et écologiques, conseils au fonctionnement, etc. Il n’y a pas que la thermique dans la vie 😉 N’hésitez pas à nous contacter pour en parler sur votre projet.

Ressources bibliographiques : OQAI, Medieco, Passive House Institute.

Maison passive : tout ce que vous avez toujours voulu savoir

Une maison passive est-elle passive ? Est-elle réellement « sans chauffage » ? Est-elle confortable ou risque-t-elle de surchauffer ? Toutes les réponses d’un concepteur certifié de maisons passives.

Critères de définition d’une maison passive

D’un point de vue technique (NB : nous présentons les explications moins techniques au paragraphe suivant), une maison passive doit respecter un certain nombre de critères dans différents domaines :

  • Un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh/m2/an (à comparer à 50 kWh/m2/an dans la réglementation thermique actuelle en France – RT 2012).
  • Un besoin en énergie primaire inférieur à 120 kWh/m2/an : la définition d’une maison passive ne s’intéresse pas seulement à la quantité d’énergie utilisée dans la maison (énergie finale) mais aussi au type d’énergie et à son mode de production et de distribution (énergie primaire), prenant ainsi en compte l’aspect écologique de cette énergie.
  • Une étanchéité à l’air très élevée (test n50<0,6h-1) afin de quasiment éliminer les fuites d’air parasites.
  • Un besoin en rafraichissement (ex : climatisation) inférieur à 15kWh/m2/an.
  • La période de l’année où la température moyenne de la maison est supérieure à 25°C doit être de moins de 10%, afin d’éviter les surchauffes.

Ces critères techniques étant précisés, voyons ce que cela signifie concrètement avant d’expliquer comment on peut les atteindre dans la pratique lors de la conception et de la construction d’une maison.

Concrètement, ça sert à quoi ?

Ces différents critères techniques sont tout d’abord un gage de performance thermique de la maison passive : une maison très bien isolée et très étanche aura peu de déperditions de chaleur (ou de fraîcheur) et donc consommera peu d’énergie. Pour une maison de 100m2, cela représente annuellement moins d’un stère de bûches de bois, ou moins de 150 litres de fioul ou moins de 120 kg de propane. L’énergie la moins chère et la moins polluante est celle qu’on ne consomme pas !

Quelques bûches suffisent pour une année de chauffage !

Ensuite, ces critères rendent la maison passive très confortable et hygiénique : pas de courant d’air parasite désagréable, une sensation de confort thermique très élevé (grâce à l’absence de parois froides et à l’absence de surchauffes prolongées), un air intérieur renouvelé en permanence (réduisant la concentration des polluants et les moisissures), etc.

Enfin, ces critères garantissent un faible impact écologique de la maison passive dans son fonctionnement, grâce au travail sur la consommation d’énergie primaire. En ces temps de lutte contre le changement climatique, ce point est toujours intéressant à rappeler sachant que l’habitat est responsable en France de 45% de la consommation nationale d’énergie primaire.

En pratique, comment atteindre ces critères ?

Les critères de définition des maisons passives sont extrêmement exigeants (3 à 4 fois plus exigeants que la réglementation thermique actuelle en ce qui concerne le besoin de chauffage et l’étanchéité à l’air, par exemple) et demandent donc une conception et une mise en œuvre précises. Quatre postes sont particulièrement étudiés : isolation, fenêtres, étanchéité à l’air, ventilation.

  • L’isolation des parois de la maison est primordiale pour éviter toute déperdition de chaleur vers l’extérieur. On visera donc des parois avec une conductance U<0,15W/m2.K (c’est-à-dire avec une résistance R>6,7m2.K/W). Cela représente une épaisseur d’isolant de 25 à 30 cm sur les murs et de 35 à 40 cm pour les sols et plafonds, selon le type d’isolant choisi.
  • Les fenêtres font partie des parois et en représentent le « maillon faible » : alors qu’elles représentent 10% de la surface extérieure, elles sont responsables de 50% des déperditions thermiques. Il convient donc d’y apporter un soin particulier pour réduire ces déperditions. Au-delà de la barrière thermique qu’elles représentent, les fenêtres jouent aussi un rôle dans l’apport de chaleur gratuite en transmettant les calories des rayons solaires dans la maison. Pour répondre à cette double fonction, Carapace Habitat a recours à des fenêtres triple vitrage très performantes (sur ce point particulier, n’hésitez pas à nous contacter pour bénéficier de tarifs défiant toute concurrence). C’est parce qu’elles profitent pleinement des apports « passifs » de chaleur du soleil que ces maisons sont dites « passives ».
  • L’étanchéité à l’air doit être quasiment parfaite, avec un seul niveau d’étanchéité continu (enduits, films et adhésifs d’étanchéité) pour l’ensemble du bâtiment. On fera attention en particulier à tous les points faibles des parois : connexions mur/toiture, traversées de réseaux et canalisations, connexions mur/fenêtre, etc. Un test intermédiaire d’étanchéité à l’air réalisé en cours de chantier permet d’identifier les fuites existantes et d’y remédier avec le second œuvre. On a coutume de dire que dans une maison conventionnelle, la surface de l’ensemble des fuites existantes est équivalente à une grande baie vitrée de 4m2 ouverte en permanence ! Dans une maison passive, c’est la surface… d’une orange.
  • La ventilation doit permettre à la fois de renouveler l’air intérieur pour l’hygiène mais également de récupérer la chaleur de l’air envoyé vers l’extérieur, afin de conserver au maximum cette chaleur dans la maison. Cela est possible grâce à l’utilisation d’une ventilation double-flux avec échangeur de chaleur : l’air sain entrant est préchauffé par l’air vicié sortant (sans mélange des flux).

Il faut à présent traduire ces différents aspects de manière fonctionnelle dans la conception d’une maison passive et lors du chantier.

Dans la pratique, comment ça marche ?

La prise en compte des différents aspects de la performance de la maison passive se fait à chaque étape de la conception et de la construction.

En phases d’esquisse et d’avant-projet, on adopte une approche bioclimatique (bâtiment compact, orientation, ombrages) avant de préciser l’enveloppe du bâtiment et son étanchéité à l’air. Un logiciel de simulation thermique dédié aux maisons passives (PHPP) permet de tester les propositions de conception pour les valider à chaque étape. En phases d’études de projet et d’exécution, on étudie les points sensibles en détails et avec précision : ponts thermiques, connexions étanches à l’air, optimisation des fenêtres, etc.

Ensuite, le recrutement des entreprises de construction est réalisé sur la base de niveaux d’exigence élevés précisés notamment dans les cahiers des clauses techniques. On choisit des matériaux de qualité pour atteindre l’objectif passif. On doit informer régulièrement toutes les entreprises en amont et pendant le chantier, avec une coordination des interfaces entre corps de métiers. Enfin, on réalise un suivi de chantier précis et régulier, et les tests d’étanchéité à l’air (intermédiaire et finaux) sont des étapes clés de contrôle qualité.

Carapace Habitat peut mettre en œuvre toutes ces étapes pour votre projet de construction d’une maison passive, sur la base de la Certification en Conception de Maison Passive. Appelez-nous !  06 52 75 65 63

Retrouvez également toutes ces infos (et d’autres) dans l’interview de Julien Gabert sur France Inter.

 

Ressources bibliographiques : Passivhaus Institut ;

Source schéma maison passive : par Michka B — Travail personnelPassivhaus_section_en.jpg (english), CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46411509

Conception bioclimatique

Saviez-vous que dans un projet de construction d’une maison, 80 à 85% des futures économies d’énergie sont obtenues lors de la phase de conception ? Découvrez comment.

C’est en effet lors de la conception de la maison que l’on va prendre les décisions ayant une influence fondamentale sur la future construction et sur ses coûts de fonctionnement (chauffage, rafraîchissement, etc.). Il s’agit notamment des choix de lieu, de taille, de forme, d’orientation et d’aménagement intérieur.

La conception bioclimatique consiste en une approche écologique de l’habitat afin de réduire les besoins de chauffage (et/ou de rafraîchissement), en recherchant un équilibre entre la conception technique de l’habitat, le climat et l’environnement local, et le rythme de vie des habitants.

Construire avec le climat local

La conception bioclimatique va chercher à profiter des avantages du climat local et à en réduire les inconvénients, tout au long de l’année. Dans nos climats tempérés :

  • en saison froide, on cherchera à réduire le besoin de chauffage. Notamment on captera et stockera les calories solaires, on limitera les pertes de chaleur et on répartira ces calories dans l’ensemble de la maison.
  • en été, on visera à éviter les surchauffes sans avoir recours à la climatisation. Par exemple, on protégera l’habitat des rayons du soleil (ombrage par les débords de toit), on isolera l’espace intérieur des apports de chaleurs externes et on le refroidira aux moments opportuns (ventilation nocturne).
  • en demi-saison, on s’adaptera aux conditions climatiques locales en composant avec les solutions présentées précédemment.

Ensoleillement

Le soleil et ses apports de chaleur gratuits jouent un rôle important dans la démarche bioclimatique. On souhaite en particulier profiter de l’ensoleillement d’hiver au Sud pour chauffer la maison par le rayonnement solaire.

L’orientation idéale est donc d’avoir la façade principale des pièces de vie en direction du Sud, à plus ou moins 25°. Ainsi, le soleil d’hiver (qui est plus bas sur l’horizon) apportera ses calories au moment où on en a besoin, et des protections solaires adaptées (casquettes et débords de toits au Sud, volets et brise soleil à l’Est et à l’Ouest) empêcheront les rayons de pénétrer dans la maison en été, pour éviter toute surchauffe estivale.

Pour optimiser l’ensoleillement, il faut également prendre en compte l’ombrage porté par les éléments proches (maisons voisines, arbres) et lointains (montagne) qui cachent le soleil à certaines heures de la journée et réduisent donc les apports de calories solaires.

Tout cela doit être étudié finement : diagramme solaire, énergie de rayonnement reçue localement, calculs d’ombrage, etc. afin d’optimiser la performance thermique du bâtiment.

Construire en fonction du terrain

Avant tout travail de conception, le choix du terrain d’implantation est bien évidemment primordial, afin de prendre en compte et d’optimiser les influences de l’altitude, du relief, des sols et de la végétation environnante. Outre la température locale et l’ensoleillement, le choix du terrain devra également prendre en compte le régime des vents locaux et l’humidité.

Une fois le terrain choisi, on jouera sur les contraintes locales pour favoriser les gains solaires tout en réduisant les déperditions : protection contre les vents dominants en hiver, utilisation de la végétation locale comme ombrage d’été, réduction de surfaces vitrées sur la façade Nord, etc.

Forme et compacité

Facteur important, le choix de la forme de la maison devra être un équilibre judicieux entre esthétique et performance thermique. En effet, plus un bâtiment sera compact avec des surfaces réduites en contact avec l’extérieur, plus les coûts de construction seront réduits et plus les déperditions de chaleur seront faibles (et donc les besoins de chauffages seront réduits). Ainsi, pour une même surface habitable totale et à réalisation technique équivalente, un logement collectif de 16 appartements pourra coûter deux fois moins cher que 16 maisons individuelles, à la construction et au fonctionnement, comme le montrent le schéma et la graphe ci-dessous (source : Depecker et al, 2001).

Organisation des espaces habités

Après avoir réfléchi sur le terrain d’implantation et sur la forme du bâtiment, il est intéressant de travailler sur le positionnement et l’aménagement des différents espaces intérieurs de la maison. On réalisera un « zonage thermique » pour notamment favoriser les apports de lumière et de chaleur solaire dans les pièces de vie (salon, salle à manger qui seront donc préférentiellement situés au Sud de la maison), créer des zones tampons au Nord du bâtiment où seront positionnées les pièces non chauffées (garage, entrée, cellier) et placer les chambres (qui sont des pièces plus tempérées que fortement chauffées) à l’Est et à l’Ouest.

Pour compléter cet article, nous en publierons prochainement un autre sur les techniques de la conception bioclimatique : vitrage et parois performantes, protections solaires adaptées, ventilation nocturne, etc.

La conception bioclimatique est à la base de la démarche de Carapace Habitat lorsque que nous vous accompagnons sur votre projet de construction de maison écologique neuve ou de rénovation. Cela va des recommandations sur l’orientation et l’aménagement intérieur jusqu’aux calculs de pointe (ombrages en simulation thermique). N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations (06 52 75 65 63).

 

Ressources bibliographiques : La conception bioclimatique, Oliva J.-P. et Courgey S., Terre vivante, 2006 ; Passivhaus Institut ; passivact.fr

Source schéma et graphique compacité : Depecker et al., 2001, cité dans : Laëtitia Arantes, Solène Marry, Olivier Baverel et Daniel Quenard, « Efficacité énergétique et formes urbaines : élaboration d’un outil d’optimisation morpho-énergétique », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Aménagement, Urbanisme, document 777, mis en ligne le 07 avril 2016, consulté le 25 juillet 2018. URL : http://journals.openedition.org/cybergeo/27584

Source schéma organisation des espaces habités : Ademe

Construire une maison écologique

Non, une maison écologique n’est pas forcément une cabane en bois sommaire au fond d’une forêt. Ce n’est pas non plus une lubie de militants écologistes autoconstructeurs en rupture avec la société.

Des bâtiments écologiques poussent désormais partout en France et sont essentiellement le fait d’entreprises et d’artisans convaincus de la nécessité de construire de manière plus responsable et durable.

Pourquoi construire écologique ?

Le secteur de la construction est l’un des secteurs d’activité ayant le plus d’impact sur l’environnement. Ainsi, l’habitat est responsable en France de 19% des émissions de gaz à effet de serre et consomme 45% de l’énergie primaire. Afin de lutter contre le changement climatique, la rénovation performante et la construction de maisons écologiques, voire passives, sont des activités d’avenir.

Part de l’habitat dans les émissions de gaz à effet de serre en France en 2016

 

Part de l’habitat dans la consommation d’énergie primaire en France en 2015

Qu’est-ce qu’une maison écologique ?

Il n’existe pas de définition stricte ou de label. Une maison écologique est une maison plus respectueuse de l’environnement. Pour cela, les deux axes principaux d’action sont le fonctionnement (ou exploitation ou usage) de la maison et sa construction.

Consommation énergétique d’une maison en usage

C’est la partie la plus importante de la consommation d’énergie (et d’émission de gaz à effet de serre) d’une maison sur l’ensemble de sa durée de vie. En effet, si l’on cumule la consommation énergétique d’une maison conventionnelle sur (par exemple) 50 ans de durée de vie, on arrive à une quantité d’énergie au moins 5 fois supérieure à l’énergie nécessaire à la construction de cette maison.

C’est donc l’axe majeur d’intervention pour rendre une maison écologique. Pour cela, il est intéressant de regarder quels sont les principaux postes de consommation d’énergie d’une maison. Si l’éclairage est souvent la première idée qui vient en tête (« remplaçons les ampoules traditionnelles par des ampoules à économie d’énergie »), c’est en fait le chauffage qui est, et de loin, le poste le plus énergivore : 61%.

Répartition de la consommation énergétique d’une maison en France en 2012

Cela explique que dans une maison écologique, on mettra l’accent sur la réduction des besoins de chauffage, notamment via une excellente isolation (pour réduire les pertes de chaleur par les murs, le sol et le toit), une très bonne étanchéité à l’air (pour éviter les fuites d’air chaud), l’installation de menuiseries performantes (pour éviter les déperditions par les fenêtres et les portes) et la récupération de chaleur sur le système de ventilation (VMC double flux).

Ainsi, les maisons passives, par exemple, consomment 70% moins d’énergie pour le chauffage qu’une construction neuve actuelle, et 90% de moins qu’une maison existante.

Énergie nécessaire à la construction d’une maison

L’énergie nécessaire à la construction d’une maison ne se limite pas à l’énergie nécessaire au chantier. Elle inclut également « l’énergie grise » qui est toute l’énergie mise en œuvre pendant la vie d’un bâtiment, selon l’analyse du cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication des matériaux de construction, conditionnement, usage, recyclage, etc. Il en est de même pour les émissions de gaz à effet de serre.

Afin de « construire écologique », on va donc notamment :

  • Utiliser au maximum des matériaux peu énergivores et faiblement émetteurs de gaz à effet de serre. A titre d’exemple, pour une épaisseur d’isolant ayant la même résistance thermique R, le polyuréthane consommera 72 fois plus d’énergie grise qu’une botte de paille. De même, l’utilisation de 19 cm de polyuréthane (R=7) émettra 27m3CO2/m2 tandis que 33cm de paille (R=7) piégeront 41m3CO2/m2 . Les matériaux biosourcés sont particulièrement intéressants de ce point de vue.
  • Limiter les distances de transport des matériaux ou les distances de déplacement des artisans et entreprises travaillant sur le chantier.

Maison écologique avec isolation paille dans le Vercors

Oui mais un bâtiment écologique, c’est forcément un bâtiment cher ?

Une construction écologique n’est pas forcément plus chère. Des techniques constructives respectueuses de l’environnement à coût maîtrisé existent et permettent de proposer des bâtiments abordables, comme l’a prouvé par exemple le bureau d’études thermique Enertech qui a fait construire ses bureaux très écologiques pour un prix 20% inférieur aux prix généralement constatés sur le marché : http://leblog.enertech.fr/

C’est aussi l’objectif de Carapace Habitat : rendre la maison écologique aussi abordable que possible.

Ressources bibliographiques et schéma : ADEME, CAUE38/Créabois Expo « Au fil du bois », Ministère de la transition écologique et solidaire.

Une maison confortable : qu’est-ce que c’est ?

Avez-vous déjà eu l’impression d’avoir froid dans votre maison alors que le thermomètre intérieur affiche 22°C ? Et d’où vient cette sensation désagréable de courant d’air froid, alors que toutes les fenêtres sont fermées ?

Un canapé moelleux ? Un poêle bien chaud ? Des chambres bien agencées ? Ces équipements font bien sûr partie du confort d’une maison. Mais avant cela, une bonne conception et une construction soignée permettent d’apporter un très grand confort thermique, acoustique et sanitaire.

Qu’est-ce que le confort ?

Le confort désigne les situations où la position ou l’environnement du corps humain sont ressentis comme agréables ou excluant le non-agréable. Ces sensations sont subjectives et différentes personnes ne ressentiront pas le même confort dans une pièce ou un environnement donné. Néanmoins, dans une maison le confort réside en grande partie dans le confort thermique, que l’on peut peut mesurer. Et optimiser.

Confort thermique

Contrairement à ce que l’on peut penser, la température de l’air n’est pas le seul paramètre de confort thermique. Plusieurs autres variables entrent en jeu pour définir la zone de confort thermique : température des surfaces environnantes, vitesse de l’air et humidité de l’air.

Ainsi, la température ressentie par le corps humain n’est pas égale à la température de l’air, mais à la moyenne entre la température de l’air et celle des parois environnantes. Cela explique que l’on peut avoir une forte sensation de froid à proximité d’une fenêtre simple vitrage (dont la température sera de 10°C par exemple) alors que le thermomètre intérieur affiche 22°C, car la température ressentie est alors de 16°C (=(10+22)/2).

De même, dès que la vitesse de l’air dans la pièce dépasse 0,08m/s (ou 0,3km/h !!), de nombreuses personnes disent être insatisfaites à cause des courants d’air.

On comprend donc facilement que pour avoir une maison confortable, pousser le chauffage en hiver (pour augmenter la température intérieure) ne suffira pas.

Humidité de l’air

L’humidité de l’air dans la maison a un double impact sur les habitants en termes de confort.

  • Sensation de confort : un air trop sec (par exemple 15% d’humidité relative) provoquera un assèchement des muqueuses ressenti comme inconfortable. A l’inverse, un air trop humide (par exemple 85% d’humidité relative) augmente la sensation d’inconfort lorsque la température augmente en été.
  • Impact sur la santé : un air trop sec peut provoquer des irritations des muqueuses désagréables pour les habitants. Et un air trop humide favorise le développement de moisissures et d’acariens qui peuvent avoir des conséquences sur les voies respiratoires et provoquer des maladies.

Afin d’éviter ces problèmes, il est donc recommandé de viser une humidité relative « confortable » de 35 à 55%.

Et la santé ?

Comme on l’a vu avec une humidité trop élevée, l’air intérieur peut avoir des conséquences néfastes et répétées sur la santé.  De plus, une maison où l’on est régulièrement malade sera considérée comme inconfortable.

D’autres polluants de l’air sont à prendre en considération. Le monoxyde de carbone est très nocif et cause encore régulièrement des décès par asphyxie dans des maisons mal ventilées et équipées d’appareils à combustion mal réglés. De plus, l’ozone et le dioxyde d’azote peuvent provoquer des dégâts sur les voies respiratoires lorsqu’ils dépassent certaines concentrations dans l’air intérieur.

Enfin, la forte teneur en dioxyde de carbone dans une pièce a également des conséquences tels que maux de tête, fatigues, etc. Cette situation est très fréquente dans l’habitat conventionnel insuffisamment ventilé où la concentration en CO2 dépasse régulièrement le seuil de confort de 1.000ppm.

Quelles solutions ?

Les solutions de construction ou de rénovation existent pour rendre une maison confortable sur ces différents aspects :

  • Une bonne isolation permet de rendre les parois extérieures plus chaudes, augmentant ainsi la température ressentie sans monter le chauffage.
  • Des fenêtres performantes (triple vitrage) auront également une température de surface intérieur plus élevé et donc plus agréables.
  • Une bonne étanchéité à l’air limite grandement les entrées d’air parasites et donc la sensation de courant d’air inconfortable.
  • Une ventilation bien conçue et correctement dimensionnée permettra de réguler l’humidité de l’air et d’évacuer les polluants (CO2, CO, NO2, etc.) pour une meilleure hygiène et un confort accru.

Nous développerons ces différents aspects sur le blog de Carapace Habitat dans les semaines à venir. A bientôt.

Ressources bibliographiques : Norme EN ISO 7730 ; Norme EN 13779 ; Passivhaus Institut ; « Isolation thermique écologique » (Oliva J.-P. et Courgey S., Terre vivante, 2010).
Source schéma : maisondesbioenergies.com